LES SADHUS
16/11/2009
Les sadhus constituent environ 0,5 % de la population Indienne. Ils vivent d'habitude en marge de la vie quotidienne. Bien sûr, bien des Occidentaux ont entendu parler de certains "gourous" qui prêchent , mais bien peu ont entendu parler des sadhus.Bien que Les Grecs visitant l'Inde aux alentour de 300 ans avant JC les aient appelés "philosophes nus" et plus tard, les visiteurs occidentaux "fakirs" , leur existence semble oubliée . Leurs pouvoirs et leurs façons d'être d'un autre monde sont étonnants et quelque peu effrayants. Ils n'ont rien de commun avec les humbles saints du Christianisme.On peut admirer leur choix d'une vie libre, sans possession, sans confort, sans plaisir des sens et sans responsabilités, mais au delà de tout cela, c'est avant tout leur beauté qui nous frappe.On peut craindre leur disparition dans ce monde en expansion, mais leur survivance à travers les siècles et leur résistance à l'invasion d'autres cultures incitent à parier sur leur existence future.

Dans la culture Indienne, l'illumination est le but de la vie et les mystiques qui consacrent la leur à la recherche de la "lumière intérieure" sont très respectés.La "lumière intérieure" est inconnue de l'esprit humain ordinaire, c'est une part de la conscience cosmique. L'esprit humain ne peut se la représenter et seul le langage des arts et la poésie en donne une image approchante.

Les mystiques professionnels sont appelés "sadhus". Ils ont choisi la voie de l'ascétisme et du yoga afin d'atteindre la "lumière intérieure", la libération des choses terrestres et la connaissance de l'Absolu. Cela implique une reprogrammation du corps et de l'esprit par diverses méthodes comme le célibat, la renonciation, des disciplines religieuses, la méditation et l'austérité.Le terme désignant cette méthode est "Sadhana" "le moyen d'atteindre un but particulier" d'où le nom de sadhu. Les sadhus sont considérés comme des hommes saints représentant les dieux.

L 'ascétisme et le yoga en tant que sciences et méthodes mystiques utilisées pour rétablir le lien entre l'âme individuelle et l'Absolu ou plutôt pour réaliser leur unité fondamentale sont une invention indienne dont on retrouve des traces jusqu'à environ 4500 ans avant notre ère. Il y a tout de même une contestation sur l'exactitude des dates et lieux. Une théorie prétend que l'ascétisme est implicite dans l'enseignement des saintes Védas introduites en Inde par l'invasion des tribus Aryennes 1500 ans avant JC. Une autre théorie qui semble soutenue par des découvertes archéologiques soutient que l'origine de l'ascétisme et du yoga se trouve dans la culture de la vallée de l'Indus développée en 2500 ans avant JC et que ces méthodes sont des évolutions des premières pratiques chamaniques.

La Khumba Mela est un évènement important dans la vie d'un sadhu. Autrefois, il avait lieu tous les trois ans et rassemblait toutes les sectes. C'était souvent l'occasion de combats entre Nagas Shivaiste et Nagas Vishnouiste afin de déterminer qui serait en tête de la procession vers le bain. Cette rivalité ne reposait pas seulement sur des différences religieuses ou idéologiques, mais c'était aussi une lutte pour le contrôle de centre religieux qui constituaient de solides sources de revenus et de puissance.

La principale motivation à rejoindre la confrérie des sadhus est sans doute le désir d'illumination spirituelle qui est très fort en Inde où vie et religion sont étroitement mêlées et où la rencontre avec des saint hommes fait partie de l'éducation.Cependant, d'autres facteurs interviennent. L'aspect romantique de l'ascétisme incarné par les chamans pleins ou les hommes-médecine, peut séduire les plus aventureux. L'image du sadhu "philosophe saint" peut représenter pour les jeunes étudiants en philosophie indienne, la perspective d'une vie vouée à l'étude .

Pour les membres des basses castes en rébellion contre leur condition, devenir un saint homme est un moyen d'acquérir le respect et une vie libre. D'autres rentrent en ascétisme pour briser les chaînes familiales et les obligations liées au mariage. Ces aventuriers et rebelles quittent leur famille à l'adolescence et se cherchent un gourou.La décision d'hommes plus âgés de rejoindre une secte est dictée par des événements traumatisants comme la mort d'un parent, la perte de travail ou un accident grave. Ces événements sont alors considérés comme un signal divin, la manifestation de Dieu.

Une vieille rumeur persiste comme quoi les sadhus volent des enfants afin d'en faire des disciples mais aucune preuve ne vient l' étayer. Cette rumeur est entretenue par les parents qui l'utilise comme "Croque-mitaine" pour faire obéir leurs progéniture.Il arrive que quelques parents donnent leur fils en contrepartie d'un marché passé avec une divinité afin d'obtenir une faveur ou bien lorsque l'enfant présente des symptômes de prédestination à une vie spirituelle.

L'ascétisme est surtout une affaire d'hommes. Moins de 10% des sadhus sont des femmes et la plupart d'entre elles sont des veuves. Traditionnellement, la femme veuve occupe une position extrêmement marginale dans la société Hindoue en réminiscence de l'ancienne croyance que la femme ne mérite pas de vivre après la mort de son époux et qu'elle devait s'immoler sur le bûcher funéraire de ce dernier. Peu de sectes acceptent les femmes sous prétexte de leur "influence corruptrice".

Quelques sectes sont mixtes mais les sadhus femmes appelées sadhvis ont des locaux séparés de ceux des hommes. Quelques sous-sectes sont féminines. Il y a eu de grandes saintes mais en général, leur position dans la hiérarchie est inférieure à celle des hommes. Les sadhvis sont respectées mais la croyance populaire est qu'elles doivent renaître en hommes avant d'être libérées du cycle des réincarnations.

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INDE : Prison / Education
3/9/2009
Il est environ 9h du matin à la Prison centrale de Hyderabad, capitale de l’Etat indien d’Andhra Pradesh. Une petite porte réservée aux femmes s’est ouverte et a laissé sortir sept enfants vêtus d’un uniforme kaki d’écolier, qui se dirigent aussitôt vers un minibus. C’est l’heure de la balade qui les mènera jusqu’à une école privée non loin de là.

Shapna attend son procès. Son mari a été tué récemment dans un affrontement avec la police et elle est désormais veuve et mère de deux enfants.
Ces sept enfants sont les plus âgés de ceux qui habitent la prison avec leurs mères, qui comptent parmi les 221 pensionnaires de celle-ci. La prison paie la scolarité des enfants, ce que la majorité des mères ne pourraient jamais se permettre.

Socialisation quotidienne à l’intérieur de la prison.
Rosa, 24 ans, avec son fils Banni, est en détention depuis six mois en attendant son procès pour vol. Elle a déposé une demande de libération sous caution, mais celle-ci lui a été refusée. A l’extérieur, elle gagnait sa vie en vendant des photos et des statues de saints et de dieux hindous.

Des élèves, y compris les enfants de prisonnières, dans une salle de classe d’une école privée locale.
« Je suis heureuse de la vie que je mène ici » affirme-t-elle. « Il ne s’y passe pas grand chose, mais ma vie est paisible ici. Et mon fils peut rester avec moi, ce qui me rend heureuse. Dehors, ma vie était souvent difficile. Je n’avais pas de toit et je dormais au temple. Ici c’est beaucoup plus sûr pour moi et Banni. »

Les prisonnières cousent des uniformes pour des clients commerciaux.
De telles réflexions ne sont pas rares. La plupart de ces femmes viennent de milieux pauvres, elles manquent d’éducation et de compétences et elles ont toujours vécu dans l’insécurité. En prison, elles sont astreintes à des routines strictes, mais relativement peu exigeantes. Elles profitent de repas réguliers, d’un toit sur leurs têtes et de soins médicaux gratuits. Elles ont également la chance de recevoir une éducation et elles peuvent apprendre un métier au sein même de la prison. Elles ne sont en cellules que la nuit.

Des classes d’alphabétisation données par une prisonnière avec l’aide d’un ordinateur.
Plusieurs de ces pensionnaires vivent probablement ici une vie plus tranquille et constructive que celle qu’elles menaient hors de prison, où chaque jour était un combat. Ici le désespoir social, le combat quotidien pour la survie sont provisoirement suspendus. Ces femmes ont l’opportunité de se poser et de réfléchir à leur vie, la chance d’apprendre de nouvelles compétences et de trouver de nouvelles alternatives pour leur avenir en liberté.
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